TP. La conscience permet-elle au sujet de se connaître lui-même ?

Séquence de Travaux Pratiques (TL en demi-groupe) dont l’objectif est double : d’une part, il s’agit d’apprendre à disserter et d’autre part de travailler les notions de Sujet et de Conscience.

La conscience permet-elle au sujet de se connaître lui-même ?

Texte 1

SOCRATE : Comment pourrions-nous maintenant savoir le plus clairement possible ce qu’est « soi-même ». Il semble que lorsque nous le saurons, nous nous connaîtrons aussi nous-mêmes. Mais par les dieux, cette heureuse parole de l’inscription delphique que nous rappelions à l’instant, ne la comprenons-nous pas ?

ALCIBIADE : Qu’as-tu à l’esprit en disant cela Socrate ?

SOCRATE : Je vais t’expliquer ce que je soupçonne que nous dit et nous conseille cette inscription. Il n’y en a peut-être pas beaucoup de paradigmes, si ce n’est la vue.

ALCIBIADE : Que veux-tu dire par là ?

SOCRATE : Examine la chose avec moi. Si c’était à notre regard, comme à un homme que cette inscription s’adressait en lui conseillant : « regarde-toi toi-même », comment comprendrions-nous cette exhortation ? Ne serait-ce pas de regarder un objet dans lequel l’œil se verrait lui-même ?

ALCIBIADE : Evidemment.

SOCRATE : Quel est, parmi les objets, celui vers lequel nous pensons qu’il faut tourner notre regard pour à la fois le voir et nous voir nous-mêmes ?

ALCIBIADE : C’est évidemment un miroir, Socrate, ou quelque chose de semblable.

SOCRATE : Bien dit. Mais, dans l’œil grâce auquel nous voyons, n’y a-t-il pas quelque chose de cette sorte ?

ALCIBIADE : Bien sûr.

SOCRATE : N’as-tu pas remarqué que, lorsque nous regardons l’œil de quelqu’un qui nous fait face, notre visage se réfléchit dans sa pupille comme dans un miroir, ce qu’on appelle aussi la poupée, car elle est une image de celui qui regarde ?

ALCIBIADE : Tu dis vrai.

SOCRATE : Donc, lorsqu’un œil observe un autre œil et qu’il porte son regard sur ce qu’il y a de meilleur en lui, c’est-à-dire ce par quoi il voit, il s’y voit lui-même.

ALCIBIADE : C’est ce qu’il semble.

SOCRATE : Mais si, au lieu de cela, il regarde quelque autre partie de l’homme ou quelque autre objet, à l’exception de celui auquel ce qu’il y a de meilleur en l’œil est semblable, alors il ne se verra pas lui-même.

ALCIBIADE : Tu dis vrai.

SOCRATE : Ainsi, si l’œil veut se voir lui-même, il doit regarder un œil et porter son regard sur cet endroit où se trouve l’excellence de l’œil. Et cet endroit de l’œil, n’est-ce pas la pupille ?

ALCIBIADE : C’est cela.

SOCRATE : Eh bien alors, mon cher Alcibiade, l’âme aussi, si elle veut se connaître elle-même, doit porter son regard sur une âme et avant tout sur cet endroit de l’âme où se trouve l’excellence de l’âme, le savoir, ou sur une autre chose à laquelle cet endroit de l’âme est semblable.

ALCIBIADE : C’est ce qu’il me semble, Socrate.

SOCRATE : Or, peut-on dire qu’il y a en l’âme quelque chose de plus divin que ce qui a trait à la pensée et à la réflexion?

ALCIBIADE : Nous ne le pouvons pas.

SOCRATE : C’est donc au divin que ressemble ce lieu de l’âme, et quand on porte le regard sur lui et que l’on connaît l’ensemble du divin, le dieu et la réflexion, on serait alors au plus près de se connaître soi-même.

ALCIBIADE : C’est ce qu’il semble.

Platon, Alcibiade majeur (IVème siècle av. JC), 132c-133e

Texte 2

Ce qui connaît tout et n’est connu par personne, c’est le SUJET. C’est par suite le support du monde (Träger der Welt), la condition générale, toujours présupposée, de tout ce qui se manifeste, de tout objet : car ce qui existe n’existe jamais que pour un sujet. Chacun se trouve être soi-même ce sujet, mais seulement en tant qu’il connaît, et non pas en tant qu’objet de connaissance. Objet, son corps l’est déjà, que nous nommons donc, de ce point de vue, représentation. Car le corps est un objet parmi les objets, soumis aux lois des objets, bien qu’il soit un objet immédiat. Comme tous les objets de l’intuition, il réside dans les formes de toute connaissance, dans le temps et l’espace, conditions d’existence de la multiplicité. Mais le sujet, ce qui connaît, mais n’est jamais connu, ne réside pas même dans ces formes (le temps et l’espace), qui, au contraire, le présupposent toujours déjà. Ni la multiplicité ni l’unité, son contraire, ne s’appliquent à lui. Nous ne le connaissons jamais, mais il est justement ce qui connaît, là où il n’en va que de la connaissance.

Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et représentation, (1819) § 2, p. 80-81)

Texte 3

 « La conscience, en général, n’a pu se développer que sous la pression du besoin de communication – dès le début, ce n’était que dans les rapports d’homme à homme, particulièrement entre celui qui commande et celui qui obéit, que la conscience était nécessaire, utile, et qu’en fonction du degré de cette utilité, elle arrivait à se développer. La conscience n’est en somme qu’un réseau de liens entre les hommes, – et ce n’est qu’en tant que telle qu’elle a dû se développer : à vivre isolé, telle une bête féroce, l’homme aurait pu fort bien s’en passer. Le fait que nos actes, nos pensées, nos sentiments, nos mouvements mêmes nous deviennent conscients – tout au moins une partie de ceux-ci – n’est que le résultat du règne effroyablement long qu’un « tu dois » a exercé sur l’homme ; il avait besoin, lui, l’animal le plus menacé, d’aide, de protection, il avait besoin de son semblable, il fallait qu’il sût se rendre intelligible pour exprimer sa détresse – et pour tout ceci il avait tout d’abord besoin de « conscience », donc même pour « savoir » ce qui lui faisait défaut, ’pour « savoir » ce qu’il éprouvait, pour « savoir » ce qu’il pensait. Car pour le dire encore une fois : l’homme, comme toute créature vivante, pense sans cesse, mais il l’ignore ; la pensée qui devient consciente n’est qu’une infime partie disons : la plus superficielle, la plus médiocre : – car seule cette pensée consciente se produit en parolesc’est-à-dire dans des signes de communication par quoi se révèle d’elle-même l’origine de la conscience ». (…)

Ma pensée, comme on le voit, est que la conscience n’appartient pas au fond à l’existence individuelle de l’homme, bien plutôt à tout ce qui fait de lui une nature communautaire et grégaire ; que la conscience, par conséquent, ne s’est subtilement développée que sous le rapport de l’utilité communautaire et grégaire, et que, chacun de nous, nécessairement, en dépit de la meilleure volonté pour se comprendre aussi individuellement que possible, pour « se connaître soi-même », ne fera pourtant jamais autre chose que d’amener du non-individuel à sa conscience, ce qu’il a de plus « moyen » ; – que notre pensée même, constamment, se voit pour ainsi dire majorée par le caractère de la conscience – par le « génie de l’espèce », qui règne en elle – et retraduite dans la perspective du troupeau. Nos actes, dans le fond, sont intégralement et incomparablement personnels, uniques, individuels en un sens illimité, cela est hors de doute ; mais sitôt que nous les retraduisons dans la conscience, ils cessent de le paraître…

Friedrich NIETZSCHE, Le Gai Savoir (1882) §354

Texte 4

Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être le centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. Les psychanalystes ne sont ni les premiers ni les seuls qui aient lancé cet appel à la modestie et au recueillement, mais c’est à eux que semble échoir la mission d’étendre cette manière de voir avec le plus d’ardeur et de produire à son appui des matériaux empruntés à l’expérience et accessibles à tous. D’où la levée générale de boucliers contre notre science, l’oubli de toutes les règles de politesse académique, le déchaînement d’une opposition qui secoue toutes les entraves d’une logique impartiale.

Sigmund FREUD, Introduction à la psychanalyse (1916), IIème partie, chap. 18

 

Pascal. « Qu’est-ce que le moi ? »

Exercice proposé à l’occasion d’un travail en autonomie (sur le principe de la classe inversée) pour le groupe B de TL. Ce groupe est divisé en deux équipes. La quatrième équipe devra réaliser une émission de radio philosophique à partir d’un travail sur un extrait des Pensées de Pascal.

Equipe 4

Assurément, l’une des formules les plus connues de Socrate était le fameux « connais-toi toi-même ». Mais qu’est-ce donc que le « moi » ? Par ce précepte Socrate faisait de la réflexion du moi sur lui-même le socle originel de toute méditation philosophique. Cette dernière étant avant tout réflexion sur l’être dans son universalité, le

« Moi » qu’il faut connaître ne peut être seulement le moi particulier. Le moi particulier est siège de tous mes penchants, passions et autres affections individuelles, ce moi-là est fugace, changeant, variable et par conséquent je ne puis en tirer qu’une connaissance provisoire, incertaine et possédant tous les défauts de la connaissance purement subjective. Il faudrait faire abstraction de toutes les attributions du « Moi ». Mais qu’est le « Moi » indépendamment de toutes ses affections particulières ? Que reste-t-il du « Moi » lorsque j’en ai ôté toutes les qualités accidentelles dont je puis être porteur ?

Telle est la question que PASCAL pose dans ses Pensées, à la recherche de ce qui en chacun de nous dépasse les particularités individuelles et constitue la substance même de notre être. La question est question capitale, puisque la possibilité même de la poser nous met en présence de cette capacité que possède le moi de dépasser ses particularités par la pensée en en faisant abstraction.

Substance / Accident : La substance est ce qui demeure permanent au sein d’un être. Les accidents sont les propriétés qui n’affectent pas la substance de cet être. Pascal soutient qu’aucune propriété ne permet à elle seule de définir le « Moi » : le corps et l’âme de la personne ne cessent de changer, tout comme ses qualités, mais la personne demeure la même.

Qu’est-ce que le moi ?

Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu’il s’est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ? Non ; car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus.

 

Pourquoi le moi ne se réduit-il pas à mon apparence physique extérieure, telle qu’elle est perçue par autrui, voire aimée par lui ?

Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on, moi ? Non ; car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’âme ? Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.

Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées. »

Pourquoi ni le jugement ni la mémoire, ni l’âme ni le corps, ne suffisent-ils à définir le moi ? Comment expliquer « on n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités » ?
Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées.

 

Blaise PASCAL, Les Pensées, 323 (1669)

Qu’en résulte-t-il en ce qui concerne les rôles sociaux que nous jouons ? Pourquoi Pascal parle-t-il désormais de « qualités empruntées ?

Contenu de l’exercice inspiré du Manuel « Philosophie » Magnard. www.magnard.fr


TRAVAIL EN AUTONOMIE du Vendredi 23 septembre 2016

Partie individuelle : 1°) Lire le texte en tenant de le comprendre en vous aidant de l’introduction. 2°) A partir de la structure du texte, répondez aux questions posées correspondant à chacune des parties du texte. 3°) Quelles réponses ce texte de Pascal permet-il de fournir à la question suivante :

  • Le « moi » est-il une fiction ?

Partie en équipe : 1°) Partagez votre compréhension du texte. Y a-t-il des points de désaccords ? Le partage doit vous permettre de compléter, d’éclaircir, d’approfondir. 2°) Travaillez la mise au point d’un enregistrement d’une émission philosophique portant sur ce texte : Trouver un titre (philosophique ex : l’identité du sujet) ; partagez les rôles : 1 animateur, 1 lecteur et 4 intervenants / surtout ne pas donner l’impression de lire votre papier / Aidez-vous de la trame ci-dessous et rédigez un conducteur.

Titre et présentation Animateur : Bonjour, Vous écoutez PhiloWebRadio. Aujourd’hui, nous évoquerons la question de la réalité du « moi » à travers une célèbre Pensée de Pascal : « Qu’est-ce que le moi ? » Pour en parler, nous avons sur le plateau, ….
Lecture de la partie 1 Lecteur :
Question 1 Animateur L’animateur donne la parole à
Réponse à la question 1 Intervenant 1
Lecture de la partie 2 Lecteur
Question 2 Animateur
Réponse à la question 2 Intervenant 2
Lecture de la partie 3 Lecteur
Question 3 Animateur
Réponse à la question 3 Intervenant 3
Question 4 Animateur Pourquoi Pascal a-t-il choisi l’exemple de l’amour pour montrer que l’identité constituait un problème philosophique ?
Réponse à la question 4 Intervenant 4
Conclusion Animateur « On n’aime personne que pour des qualités empruntées, nous dit Pascal» c’est par cette parole quelque peu pessimiste que nous quittons. Nous vous donnons rendez-vous pour une prochaine émission. Vous étiez sur PhiloWebRadio. A bientôt !

 

LOCKE. « Le soi dépend de la conscience »

Exercice proposé à l’occasion d’un travail en autonomie (sur le principe de la classe inversée) pour le groupe A de TL. Ce groupe est divisé en deux équipes. La deuxième équipe devra réaliser une émission de radio philosophique à partir d’un travail sur un extrait de l’Essai philosophique concernant l’entendement humain de John Locke.

Equipe 2

John Locke soutient que c’est la mémoire personnelle qui fait l’identité de la personne, grâce à la capacité réflexive de la conscience à travers le temps. Etant donné que ma pensée et mon corps ne cessent de changer, ce n’est pas l’identité de la substance qui fait l’identité de la personne, mais l’identité garantie par la conscience réflexive. Précisons que l’identité est le fait, pour un être de demeurer le même à travers le temps ; une personne, selon Locke est un être pensant capable de réflexion, qui peut se considérer soi-même comme étant identique à soi à travers le temps et l’espace. On peut être la même personne sans être le même homme du point de vue de l’organisation biologique : je ne suis plus le même homme que lorsque j’étais enfant, mais je suis la même personne. La substance c’est ce qui demeure identique à soi malgré les changements survenus dans ses propriétés apparentes.
§ 17. Le soi dépend de la conscience. Soi est cette chose qui pense consciente (de quelque substance, spirituelle ou matérielle, simple ou composée, qu’elle soit faite, peu importe) qui est sensible, ou consciente du plaisir et de la douleur, capable de bonheur et de malheur, et qui dès lors se soucie de soi dans toute la mesure où s’étend cette conscience. Pourquoi le soi est-il caractérisé d’abord par le souci de soi ?
De même que dans ce cas c’est la conscience qui accompagne la substance, lorsqu’une partie est séparée d’une autre, qui fait la même personne, et constitue ce soi indivisible, de même en va-t-il par rapport à des substances éloignées dans le temps. Celle avec qui peut se joindre la conscience de la chose pensante actuelle fait la même personne, elle forme un seul soi avec elle, et avec rien d’autre ; elle s’attribue ainsi et avoue toutes les actions de cette chose, qui n’appartiennent qu’à elle seule aussi loin que s’étend cette conscience (mais pas plus loin), comme le comprendra quiconque y pensera. Pourquoi l’exemple du doigt amputé permet-il de montrer que le soi ne s’identifie pas au corps ?
§ 19. Ceci peut nous faire voir en quoi consiste l’identité personnelle : non dans l’identité de substance mais, comme je l’ai dit, dans l’identité de conscience, en sorte que si Socrate et l’actuel maire de Quinborough[1] en conviennent, ils sont la même personne, tandis que si le même Socrate éveillé et endormi ne partagent pas la même conscience, Socrate éveillé et Socrate dormant n’est pas la même personne. Qu’est-ce qui permet au soi de demeurer le même dans le temps ?
Et punir Socrate l’éveillé pour ce que Socrate le dormant a pu penser, et dont Socrate l’éveillé n’a jamais eu conscience, ne serait pas plus juste que de punir un jumeau pour les actes de son frère jumeau et dont il n’a rien su, sous prétexte que leur forme extérieure est si semblable qu’ils sont indiscernables (or on a vu de tels jumeaux).

John Locke (1632-1704), Essai philosophique concernant l’entendement humain (1690-1694), II, XXVII.

Pourquoi Socrate éveillé et Socrate endormi ne sont-ils pas la même personne selon Locke ?
·         Quel lien Locke établit-il entre identité personnelle, conscience et responsabilité ?

·         Examinez l’analogie entre Socrate éveillé et Socrate endormi, d’une part, et le jumeau et son frère, d’autre part. Pourquoi ne sont-ils pas la même personne, selon Locke ?

·         Qu’est-ce qui fait l’identité du sujet selon Locke ?

[1] Quinborough : allusion probable à la légende de Hengist et Horsa, et à la pièce du dramaturge anglais Thomas Middleton (1580-1627), Hengist, roi de Kent, ou maire de Quinborough (1620). Hengist aurait fondé avec son frère jumeau Horsa le premier royaume anglo-saxon au sud-est de l’Angleterre, où se situe la ville de Quennsborough.

Contenu de l’exercice inspiré du Manuel « Philosophie » Magnard. www.magnard.fr


TRAVAIL EN AUTONOMIE du Vendredi 23 septembre 2016

Partie individuelle : 1°) Lire le texte en tenant de le comprendre en vous aidant de l’introduction. 2°) A partir de la structure du texte, répondez aux questions posées correspondant à chacune des parties du texte. 3°) Quelles réponses ce texte de Locke permet-il de fournir à la question suivante :

  • Qu’est-ce qui fait l’identité du sujet ?

Partie en équipe : 1°) Partagez votre compréhension du texte. Y a-t-il des points de désaccords ? Le partage doit vous permettre de compléter, d’éclaircir, d’approfondir. 2°) Travaillez la mise au point d’un enregistrement d’une émission philosophique portant sur ce texte : Trouver un titre (philosophique ex : l’identité du sujet) ; partagez les rôles : 1 animateur, 1 lecteur et 3 intervenants / surtout ne pas donner l’impression de lire votre papier / Aidez-vous de la trame ci-dessous et rédigez un conducteur.

Titre et présentation Animateur : Bonjour, Vous écoutez PhiloWebRadio. Aujourd’hui, nous évoquerons la question de l’identité du sujet. Et pour ce faire nous aborderons un texte de John Locke, extrait de son Essai philosophique concernant l’entendement humain. [Présentation de la notion d’identité et ce qui fait que nous nous identifions comme sujet selon lui. Pour en parler, nous avons sur le plateau, ….
Lecture de la partie 1 Lecteur :
Question 1 Animateur L’animateur donne la parole à
Réponse à la question 1 Intervenant 1
Lecture de la partie 2 Lecteur
Question 2 Animateur
Réponse à la question 2 Intervenant 2
Lecture de la partie 3 Lecteur
Question 3 Animateur
Réponse à la question 3 Intervenant 3
Lecture de la partie 4 Lecteur
Question 4 Animateur
Réponse à la question 4 Intervenant 1
Lecture de la partie 5 Lecteur
Question 5 (question double) Animateur
Réponse à la question 5 Intervenant 2
Question 6 Animateur
Réponse à la question 6 Intervenant 3
Conclusion Animateur Nous arrivons déjà au terme de cette émission, une question encore, pour bien faire comprendre la pensée de John Locke : A partir de l’examen de l’analogie Socrate éveillé et Socrate endormi, d’une part, et le jumeau et son frère d’autre part, pourquoi, selon Locke, ne sont-ils pas la même personne ?
Réponses Intervenants Nous aurions tendance à penser …. Mais Locke ….
Fin Animateur Nous venons de voir l’importance de la ……. Pour Locke, c’est par elle que nous nous identifions comme sujet. Vous étiez sur PhiloWebRadio, merci pour votre attention

 

DESCARTES. « Qu’est-ce donc qui pourra être exprimé véritable ? »

Exercice proposé en travail en autonomie (sur le principe de la classe inversée) pour le groupe A de TL. Ce groupe est divisé en deux équipes. La première équipe devra réaliser une émission de radio philosophique à partir d’un travail sur un extrait de la deuxième méditation de Descartes.

Equipe 1

Descartes démontre, dans la deuxième méditation de Méditations métaphysiques, que le moi est une substance pensante. C’est par un doute hyperbolique qu’il remet en cause l’existence de toute chose : aussi bien les objets matériels que les vérités mathématiques voire l’existence de Dieu. Mais si toute croyance peut être révoqué en doute, l’expérience elle-même du doute est belle et bien réelle. En effet, je peux bien douter de l’existence de toutes choses, mais je ne peux pas douter du fait même que je doute. Or douter c’est penser. Je ne peux douter que je suis un sujet pensant. Je suis, j’existe en tant qu’être pensant. Notons que la pensée est l’ensemble des modifications qui touchent l’âme, à savoir douter, comprendre, vouloir, juger, concevoir etc. sont des modes de la pensée.
Ainsi j’aurai droit de concevoir de hautes espérances si je suis assez heureux pour trouver seulement une chose qui soit certaine et indubitable[1]. Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n’a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente ; je pense n’avoir aucun sens ; je crois que le corps, la figure, l’étendue[2], le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu’est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu’il n’y a rien au monde de certain. (…) Quel est l’objectif de Descartes ?
Mais je me suis persuadé qu’il n’y avait rien du tout dans le monde, qu’il n’y avait aucun ciel, aucune terre, aucuns esprits, ni aucuns corps[3] ; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n’étais point ? Non certes, j’étais sans doute, si je me suis persuadé, ou seulement si j’ai pensé quelque chose. Pourquoi puis-je douter de tout, sauf de mon existence ? Qu’est-ce qui justifie que « je suis » ?
Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui emploie toute son industrie à me tromper toujours[4]. Il n’y a donc point de doute que je suis, s’il me trompe ; et qu’il me trompe tant qu’il voudra, il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. Pourquoi l’acte de douter de tout permet-il de démontrer que la réalité de la conscience est indubitable ?
De sorte qu’après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j’existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit. A quelles conditions la pensée « Je suis, j’existe » est-elle vraie ?
Mais je ne connais pas encore assez clairement quel je suis, moi qui suis certain que je suis ; de sorte que désormais il faut que je prenne soigneusement garde de ne prendre pas imprudemment quelque autre chose pour moi, et ainsi de ne me point méprendre dans cette connaissance que je soutiens être plus certaine et plus évidente que toutes celles que j’ai eues auparavant. Quelle différence y a-t-il entre le fait que je sois et ce que je suis ? Pourquoi est-il important d’entreprendre de déterminer ce que je suis ?
(…) Je suis, j’existe, cela est certain ; mais combien de temps ? autant de temps que je pense ; car peut-être même qu’il se pourrait faire, si je cessais totalement de penser, que je cesserais en même temps tout à fait d’être. Je n’admets maintenant rien qui ne soit nécessairement vrai ; je ne suis donc, précisément parlant, qu’une chose[5] qui pense, c’est-à-dire un esprit, un entendement ou une raison[6], qui sont des termes dont la signification m’était auparavant inconnue. Or je suis une chose vraie et vraiment existante ; mais quelle chose ? Je l’ai dit : une chose qui pense. En quoi est-il possible de douter de mon existence lorsque je ne pense pas ? Comment le fait que je sois a-t-il permis de déterminer ce que je suis ?
René DESCARTES, Méditations métaphysiques, 1641, 2ème méditation

[1] Indubitable : dont on ne peut douter

[2] L’étendue correspond à la matière, l’ensemble des corps et se distingue de la pensée.

[3] Descartes tente de trouver ici une certitude absolue, une vérité parfaitement indubitable. A cette fin, il a commencé par douter de l’existence des choses corporels, puis de toutes les réalités immatérielles.

[4] Quel est donc cet être trompeur ? Il est le « malin génie », une entité tout à fait hypothétique convoquée par Descartes pour pousser à son extrémité son entreprise du doute. Dans cette fiction théorique, ce « malin génie », aussi rusé et trompeur que puissant, emploierait toute sa ruse pour tromper les esprits. En d’autres termes, il aurait créé l’illusion du monde dans le seul but de se jouer de nous.

[5] Chose ici pour Descartes désigne ce qui constitue la réalité. On peut distinguer dans la réalité, la chose étendue, c’est-à-dire ce qui est de l’ordre de la matière et de l’espace et la chose pensante, c’est-à-dire ce qui est de l’ordre de l’âme ou de l’esprit.

[6] Un esprit, un entendement ou une raison : l’esprit qualifie la nature de ce qui est indépendant de la matière et de l’espace. L’entendement et la raison sont des facultés de l’esprit : l’entendement désigne la faculté de comprendre et de produire des abstractions ; la raison celle de combiner entre eux des jugements, à partir du travail effectué par l’entendement.

Contenu de l’exercice inspiré du Manuel « Philosophie » Magnard. www.magnard.fr

Partie individuelle : 1°) Lire le texte en tenant de le comprendre en vous aidant de l’introduction et des notes. 2°) A partir de la structure du texte, répondez aux questions posées correspondant à chacune des parties du texte. 3°) Quelles réponses ce texte de Descartes permet-il de fournir aux questions suivantes :

  • Peut-on douter de tout ?
  • Suis-je ce que j’ai conscience d’être ?
  • Qu’est-ce qui fait l’identité du sujet ?

Partie en équipe : 1°) Partagez votre compréhension du texte. Y a-t-il des points de désaccords ? Le partage doit vous permettre de compléter, d’éclaircir, d’approfondir. 2°) Travaillez la mise au point d’un enregistrement d’une émission philosophique portant sur ce texte : Trouver un titre (philosophique ex : l’identité du sujet) ; partagez les rôles : 1 animateur, 1 lecteur et 4 intervenants / surtout ne pas donner l’impression de lire votre papier / Aidez-vous de la trame ci-dessous et rédigez un conducteur.

Titre et présentation Animateur : Bonjour, Vous écoutez PhiloWebRadio. Aujourd’hui, nous évoquerons la question de l’identité du sujet. Et pour ce faire nous aborderons un texte de Descartes, extrait de sa 2ème méditation métaphysique. [Présentation de la démarche de Descartes, son intention et le moyen d’y parvenir ainsi que le résultat de sa recherche]. Pour en parler, nous avons sur le plateau, ….
Lecture de la partie 1 Lecteur :
Question 1 Animateur L’animateur donne la parole à …
Réponse à la question 1 Intervenant 1  
Lecture de la partie 2 Lecteur  
Question 2 Animateur  
Réponse à la question 2 Intervenant 2  
Lecture de la partie 3 Lecteur  
Question 3 Animateur  
Réponse à la question 3 Intervenant 3  
Lecture de la partie 4 Lecteur  
Question 4 Animateur  
Réponse à la question 4 Intervenant 4  
Lecture de la partie 5 Lecteur  
Question 5 (question double) Animateur  
Réponse à la question 5 Intervenants 1 et 2  
Lecture de la partie 6 Lecteur  
Question 6 (question double) Animateur  
Réponse à la question 6  Intervenants 3 et 4  
Conclusion Animateur Nous arrivons au terme de cette émission, pour finir et pour résumer ici la pensée de Descartes, 1) pouvez-vous confirmer que l’on peut douter de tout, 2) ce qui fait, selon lui, l’identité du sujet et 3) Sommes-nous ce que nous avons conscience d’être ?
Réponses Intervenants Réponse pour clore l’émission
  Animateur Vous étiez sur PhiloWebRadio, merci pour votre attention

 

Bac 2016. Les sujets de philo d’Amérique du nord pour la Série L

Sujet 1

Une vérité scientifique peut-elle être approximative ?

Sujet 2

Peut-on être soi-même devant les autres ?

Sujet 3

« Le royaume de la liberté commence seulement là où l’on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l’extérieur ; il se situe donc, par nature, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite. De même que l’homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l’homme civilisé est forcé, lui aussi, de le faire et de le faire quels que soient la structure de société et le mode de production. Avec son développement s’étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent ; mais en même temps s’élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seule liberté possible est que l’homme social, les producteurs associés, règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble au lieu d’être dominés par sa puissance aveugle et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. »

Karl MARX, Le Capital (1867)

TL. Ultime devoir type-bac avant l’examen

BAC-BLANC de Philosophie

Série L

SUJET 1

Une technique est-elle bonne parce qu’elle est efficace ?

SUJET 2

L’État doit-il viser le bonheur des individus ?

SUJET 3

« Quelle est la fonction primitive du langage ? C’est d’établir une communication en vue d’une coopération. Le langage transmet des ordres ou des avertissements. Il prescrit ou il décrit. Dans le premier cas, c’est l’appel à l’action immédiate ; dans le second, c’est le signalement de la chose ou de quelqu’une de ses propriétés, en vue de l’action future. Mais, dans un cas comme dans l’autre, la fonction est industrielle, commerciale, militaire, toujours sociale. Les choses que le langage décrit ont été découpées dans le réel par la perception humaine en vue du travail humain. Les propriétés qu’il signale sont les appels de la chose à une activité humaine. Le mot sera donc le même, comme nous le disions, quand la démarche suggérée sera la même, et notre esprit attribuera à des choses diverses la même propriété, se les représentera de la même manière, les groupera enfin sous la même idée, partout où la suggestion du même parti à tirer, de la même action à faire, suscitera le même mot. Telles sont les origines du mot et de l’idée. L’un et l’autre ont sans doute évolué. Ils ne sont plus aussi grossièrement utilitaires. Ils restent utilitaires cependant. »

BERGSON, La Pensée et le mouvant

 

Révisions BAC 2016. Descartes : « Je pense, je suis »

 

René Descartes
René Descartes 1596 -1650

« J’avais dès longtemps remarqué que, pour les moeurs, il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu’on sait être fort incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi qu’il a été dit ci-dessus; mais, pour ce qu’alors je désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu’il fallait que je fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux, tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne resterait point, après cela, quelque chose un ma créance, qui fût entièrement indubitable. Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu’il n’y avait aucune chose qui fût telle qu’ils nous la font imaginer. Et pour ce qu’il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes’, jugeant que j’étais sujet à faillir, autant qu’aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j’avais prises auparavant pour démonstrations. Et enfin, considérant que toutes les mêmes pensées, que nous avons étant éveillés, nous peuvent aussi venir quand nous dormons, sans qu’il y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me résolus de feindre que toutes les choses qui m’étaient jamais entrées en l’esprit, n’étaient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais, aussitôt après, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n’étaient pas capables de l’ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais ».

René Descartes, Discours de la Méthode (1637), IV’ partie,

TL. Débat sur l’amitié

Dans les illusions perdues (1837-1843) d’Honoré de Balzac, Fulgence dit à Lucien :

Ta vanité, mon cher poète, est si grande, que tu en mets jusque dans ton amitié ? s’écria Fulgence. Toute vanité de ce genre accuse un effroyable égoïsme, et l’égoïsme est le poison de l’amitié.

A la suite de l’étude du texte d’Aristote extrait de l’Ethique à Nicomaque 4 élèves de TL ont débattu sur le thème de l’amitié.

Il est possible de réécouter le débat qui a été enregistré et de réagir ou bien de proposer des réflexions sur le même thème en laissant un commentaire.

Pour rappel : la question que pose Charlie pour entamer le débat.

Quel est le vrai ressort de l’amitié ? Est-il raisonnable d’aimer un autre plus que soi-même, au point de se sacrifier, parfois, pour lui ? N’est-il pas absurde de préférer la vie d’un autre à la sienne ? Et si nous nous effaçons au profit d’un autre,  n’est-ce pas, au fond, parce que l’ami  nous apporte ce qui nous fait défaut ?

TL. Devoir n°1 : « Puis-je ne pas être moi-même ? »

Pour mercredi 16 septembre 2015, rédigez une dissertation à partir du sujet suivant :

« Puis-je ne pas être moi-même ? »

man-ray-masque-ebene
Man Ray, Visage de nacre et masque d’ébène, 1926

 

Quelques consignes pour la dissertation

Une dissertation comporte une introduction dans laquelle vous présentez le sujet en précisant le problème qu’il pose, un développement dans lequel vous instruisez le problème dont il est question dans le sujet et une conclusion qui dresse le bilan de la réflexion menée et qui répond au problème formulé dans l’introduction. Mais avant toute rédaction, il convient de mettre en chantier la pensée en travaillant le sujet de telle manière à lui donner du sens et de creuser différentes pistes de réflexion. Autrement dit, il vous faudra commencer par un travail préparatoire qui s’effectuera au brouillon, brouillon que vous glisserez dans votre copie.

Vous pourrez parler du sujet entre vous et avec vos proches. Si une pensée est personnelle elle n’est cependant pas une pensée solitaire et isolée des autres pensées. Autrement dit, la confrontation des pensées ne peut être qu’une bonne chose. En revanche, la reprise pure et simple d’une pensée trouvée sur internet par exemple, n’est évidemment pas une pensée personnelle. Nous verrons ultérieurement, qu’une pensée personnelle n’est pas simplement l’adhésion à une opinion mais une construction patiente, exigeante et critique.

En outre, il sera toujours possible de déposer vos remarques ou vos questions en utilisant la fonction commentaire.

Rimbaud
Rimbaud, dans une lettre à Paul Demeny en 1871 s’exclame « je est un autre ! » pour exprimer une conception originale de la création artistique. L’artiste, lorsqu’il crée, n’est pas le maître de qui s’exprime en lui , l’œuvre s’engendre en profondeur. « J’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute ».

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