Enseignant, professeur certifié de philosophie au lycée de Pointe-Noire Responsable de l'atelier SciencesPo du Lycée Interlocuteur Académique Numérique disciplinaire Professeur Formateur Académique pour le numérique

Alain. « Penser, c’est dire Non »

Alain
Alain 1868 – 1951

« Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. »

Alain, Propos sur les pouvoirs, « L’homme devant l’apparence », 1924

 

 

Husserl. La philosophie comme « affaire personnelle »

Husserl 1859-1938
Edmund Husserl 1859 – 1938

« Quiconque veut vraiment devenir philosophe devra « une fois dans sa vie » se replier sur soi-même et, au-dedans de soi, tenter de renverser toutes les sciences admises jusqu’ici et tenter de les reconstruire. La philosophie – la sagesse – est en quelque sorte une affaire personnelle du philosophe. Elle doit se constituer en tant que sienne, être sa sagesse, son savoir qui, bien qu’il tende vers l’universel, soit acquis par lui et qu’il doit pouvoir justifier dès l’origine et à chacune de ses étapes, en s’appuyant sur ses intuitions absolues. Du moment que j’ai pris la décision de tendre vers cette fin, décision qui seule peut m’amener à la vie et au développement philosophiques, j’ai donc par là même fait le vœu de pauvreté en matière de connaissance. »

Husserl, Méditations cartésiennes, Introduction, 1929

 

Hegel. La philosophie comme « affaire sérieuse »

Hegel
Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1770 – 1831

« Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner la peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle – comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la mesure d’un soulier -. II semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. »

Hegel, Phénoménologie de l’Esprit, préface, 1807

 

 

 

Aristote. L’étonnement comme origine de la philosophie

Aristote
Aristote 384 – 322 av. JC

C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit ; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s’est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre. Je conclus que, manifestement, nous n’avons en vue, dans notre recherche, aucun intérêt étranger. Mais, de même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa fin et n’existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline libérale, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin.

Aristote, Métaphysique, Livre alpha

Karl Jaspers. Philosopher c’est être en route

Karl Jaspers 1880 - 1969
Karl Jaspers 1880 – 1969

« Le mot grec « philosophie » (philosophos) est formé par opposition à sophos. Il désigne celui qui aime le savoir, par différence avec celui qui, possédant le savoir, se nomme savant. Ce sens persiste encore aujourd’hui : l’essence de la philosophie, c’est la recherche de la vérité, non sa possession, même si elle se trahit elle-même, comme il arrive souvent, jusqu’à dégénérer en dogmatisme, en un savoir mis en formules, définitif, complet, transmissible par l’enseignement. Faire de la philosophie, c’est être en route. Les questions, en philosophie, sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question. »

Karl Jaspers, Introduction à la philosophie

 

 

Karukéra-Gorée, Mémoire de demain »

VOYAGE D’UN GROUPE DE JEUNES GUADELOUPÉENS À GORÉE, AU SÉNÉGAL

Article publié sur le site du lycée, lundi 31 janvier 2011 par Madame Jeannine Combes, CDI du LPO de Pointe-Noire.

Le Ciné Club a eu jeudi 27 janvier 2011 de 13h30 à 16h30 à l’amphithéâtre, la projection du film documentaire  » Karukéro-Gorée, mémoire de demain », réalisé par le réalisateur Tony Coco-Viloin et co-écrit par notre collègue Jean-Michel Cusset en 2002.

A l’occasion du bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le réalisateur guadeloupéen et responsable du bureau Cinéma au conseil régional, nous a fait l’honneur de sa présence cet après-midi, avait suivi le parcours d’un groupe de jeunes guadeloupe à Gorée…

Deux autres invités ont été des nôtres pour enrichir cet échange.

La projection de ce film et le débat ont été l’occasion de lancer le premier Café Philosophie dénommé en créole : « Le Kako-kankan ». Le mèt-kankan a été notre professeur de philosophie, Hervé Moine.

Les thématiques sont diverses, mais on a pu insister sur  » les relations de la Guadeloupe avec l’ Afrique« , et plus largement débattu sur « La philosophie de la Francophonie« 

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