{"id":976,"date":"2014-09-15T17:06:28","date_gmt":"2014-09-15T21:06:28","guid":{"rendered":"http:\/\/laphilo.com\/blog\/?p=976"},"modified":"2014-12-20T17:08:21","modified_gmt":"2014-12-20T21:08:21","slug":"epicure-lettre-a-menecee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laphilo.com\/blog\/2014\/09\/15\/epicure-lettre-a-menecee\/","title":{"rendered":"Epicure. Lettre \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/laphilo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Epicure.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  wp-image-964 aligncenter\" src=\"http:\/\/laphilo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Epicure.jpg\" alt=\"Epicure\" width=\"515\" height=\"873\" srcset=\"https:\/\/laphilo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Epicure.jpg 590w, https:\/\/laphilo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Epicure-177x300.jpg 177w\" sizes=\"auto, (max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>Epicure<\/strong><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><em><strong>Lettre \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e<\/strong><\/em><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em><strong>Traduction O. Hamelin<\/strong><\/em><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>[122]<\/strong> Quand on est jeune il ne faut pas remettre \u00e0 philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n\u2019est trop t\u00f4t ou trop tard pour travailler \u00e0 la sant\u00e9 de l\u2019\u00e2me. Or celui qui dit que l\u2019heure de philosopher n\u2019est pas encore arriv\u00e9e ou est pass\u00e9e pour lui, ressemble \u00e0 un homme qui dirait que l\u2019heure d\u2019\u00eatre heureux n\u2019est pas encore venue pour lui ou qu\u2019elle n\u2019est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l\u2019un et l\u2019autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se rem\u00e9morant les jours agr\u00e9ables du pass\u00e9; celui-l\u00e0 afin d\u2019\u00eatre, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l\u2019avenir. Par cons\u00e9quent il faut m\u00e9diter sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu\u2019il est \u00e0 nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l\u2019avoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>[123]<\/strong> Attache-toi donc aux enseignements que je n\u2019ai cess\u00e9 de te donner et que je vais te r\u00e9p\u00e9ter; mets-les en pratique et m\u00e9dite-les, convaincu que ce sont l\u00e0 les principes n\u00e9cessaires pour bien vivre. Commence par te persuader qu\u2019un dieu est un vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela \u00e0 la notion commune qui en est trac\u00e9e en nous. N\u2019attribue jamais \u00e0 un dieu rien qui soit en opposition avec l\u2019immortalit\u00e9 ni en d\u00e9saccord avec la b\u00e9atitude; mais regarde-le toujours comme poss\u00e9dant tout ce que tu trouveras capable d\u2019assurer son immortalit\u00e9 et sa b\u00e9atitude. Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu\u2019on en a est \u00e9vidente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, quant \u00e0 leur nature, ils ne sont pas tels que la foule le croit. Et celui-l\u00e0 n\u2019est pas impie qui nie les dieux de la foule, c\u2019est celui qui attribue aux dieux ce que leur pr\u00eatent les opinions de la foule. <strong>[124] <\/strong>Car les affirmations de la foule sur les dieux ne sont pas des pr\u00e9notions, mais bien des pr\u00e9somptions fausses. Et ces pr\u00e9somptions fausses font que les dieux sont cens\u00e9s \u00eatre pour les m\u00e9chants la source des plus grands maux comme, d\u2019autre part, pour les bons la source des plus grands biens. Mais la multitude incapable de se d\u00e9prendre de ce qui est chez elle et \u00e0 ses yeux le propre de la vertu n\u2019accepte que des Dieux conformes \u00e0 cet id\u00e9al et regarde comme absurde tout ce qui s\u2019en \u00e9carte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prends l\u2019habitude de penser que la mort n\u2019est rien pour nous. Car tout bien et tout mal r\u00e9sident dans la sensation \u2014 or la mort est privation de toute sensibilit\u00e9. Par cons\u00e9quent, la connaissance de cette v\u00e9rit\u00e9 que la mort n\u2019est rien pour nous nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d\u2019une dur\u00e9e infinie, mais en nous enlevant le d\u00e9sir de l\u2019immortalit\u00e9. Car il ne reste plus rien \u00e0 redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie, il n\u2019y a rien de redoutable. <strong>[125] <\/strong>On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est \u00e0 craindre non parce qu\u2019elle sera douloureuse \u00e9tant r\u00e9alis\u00e9e, mais parce qu\u2019il est douloureux de l\u2019attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l\u2019attente d\u2019une chose qui ne cause aucun trouble par sa pr\u00e9sence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d\u2019horreur, la mort, n\u2019est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-m\u00eames, la mort n\u2019est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n\u2019existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu\u2019elle n\u2019a rien \u00e0 faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. Mais la multitude tant\u00f4t fuit la mort comme le pire des maux, tant\u00f4t l\u2019appelle comme le terme des maux de la vie. <strong>[126] <\/strong>Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n\u2019a pas peur non plus de ne plus vivre\u00a0: car la vie ne lui est pas \u00e0 charge, et il n\u2019estime pas non plus qu\u2019il y ait le moindre mal \u00e0 ne plus vivre. De m\u00eame que ce n\u2019est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous pr\u00e9f\u00e9rons, mais parfois la plus agr\u00e9able, pareillement ce n\u2019est pas toujours la plus longue dur\u00e9e qu\u2019on veut recueillir, mais la plus agr\u00e9able. Quant \u00e0 ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est d\u00e9pourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon m\u00eame pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu\u2019un. On fait pis encore quand on dit qu\u2019il est bien de ne pas na\u00eetre, ou, \u00ab\u00a0une fois n\u00e9, de franchir au plus vite les portes de l\u2019Had\u00e8s\u00a0\u00bb. <strong>[127] <\/strong>Car si l\u2019homme qui tient ce langage est convaincu, comment ne sort-il pas de la vie\u00a0? C\u2019est l\u00e0 en effet une chose qui est toujours \u00e0 sa port\u00e9e, s\u2019il veut sa mort d\u2019une volont\u00e9 ferme. Que si cet homme plaisante, il montre de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 en un sujet qui n\u2019en comporte pas. Rappelle-toi que l\u2019avenir n\u2019est ni \u00e0 nous ni pourtant tout \u00e0 fait hors de nos prises, de telle sorte que nous ne devons ni compter sur lui comme s\u2019il devait s\u00fbrement arriver, ni nous interdire toute esp\u00e9rance, comme s\u2019il \u00e9tait s\u00fbr qu\u2019il d\u00fbt ne pas \u00eatre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut se rendre compte que parmi nos d\u00e9sirs les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les d\u00e9sirs naturels les uns sont n\u00e9cessaires et les autres naturels seulement. Parmi les d\u00e9sirs n\u00e9cessaires, les uns sont n\u00e9cessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquillit\u00e9 du corps, les autres pour la vie m\u00eame. <strong>[128]<\/strong> Et en effet une th\u00e9orie non erron\u00e9e des d\u00e9sirs doit rapporter tout choix et toute aversion \u00e0 la sant\u00e9 du corps et \u00e0 l\u2019ataraxie de l\u2019\u00e2me, puisque c\u2019est l\u00e0 la perfection m\u00eame de la vie heureuse. Car nous faisons tout afin d\u2019\u00e9viter la douleur physique et le trouble de l\u2019\u00e2me. Lorsqu\u2019une fois nous y avons r\u00e9ussi, toute l\u2019agitation de l\u2019\u00e2me tombe, l\u2019\u00eatre vivant n\u2019ayant plus \u00e0 s\u2019acheminer vers quelque chose qui lui manque, ni \u00e0 chercher autre chose pour parfaire le bien-\u00eatre de l\u2019\u00e2me et celui du corps. Nous n\u2019avons en effet besoin du plaisir que quand, par suite de son absence, nous \u00e9prouvons de la douleur; et quand nous n\u2019\u00e9prouvons pas de douleur nous n\u2019avons plus besoin du plaisir. C\u2019est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. <strong>[129]<\/strong> En effet, d\u2019une part, le plaisir est reconnu par nous comme le bien primitif et conforme \u00e0 notre nature, et c\u2019est de lui que nous partons pour d\u00e9terminer ce qu\u2019il faut choisir et ce qu\u2019il faut \u00e9viter; d\u2019autre part, c\u2019est toujours \u00e0 lui que nous aboutissons, puisque ce sont nos affections qui nous servent de r\u00e8gle pour mesurer et appr\u00e9cier tout bien quelconque si complexe qu\u2019il soit. Mais, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le plaisir est le bien primitif et conforme \u00e0 notre nature, nous ne recherchons pas tout plaisir, et il y a des cas o\u00f9 nous passons par-dessus beaucoup de plaisirs, savoir lorsqu\u2019ils doivent avoir pour suite des peines qui les surpassent; et, d\u2019autre part, il y a des douleurs que nous estimons valoir mieux que des plaisirs, savoir lorsque apr\u00e8s avoir longtemps support\u00e9 les douleurs, il doit r\u00e9sulter de l\u00e0 pour nous un plaisir qui les surpasse. Tout plaisir, pris en lui-m\u00eame et dans sa nature propre, est donc un bien, et cependant tout plaisir n\u2019est pas \u00e0 rechercher; pareillement, toute douleur est un mal, et pourtant toute douleur ne doit pas \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. <strong>[130]<\/strong> En tout cas, chaque plaisir et chaque douleur doivent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s par une comparaison des avantages et des inconv\u00e9nients \u00e0 attendre. Car le plaisir est toujours le bien, et la douleur le mal, seulement il y a des cas o\u00f9 nous traitons le bien comme un mal, et le mal, \u00e0 son tour, comme un bien. C\u2019est un grand bien \u00e0 notre avis que de se suffire \u00e0 soi-m\u00eame, non qu\u2019il faille toujours vivre de peu, mais afin que si l\u2019abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous aurons, bien persuad\u00e9s que ceux-l\u00e0 jouissent le plus vivement de l\u2019opulence qui ont le moins besoin d\u2019elle, et que tout ce qui est naturel est ais\u00e9 \u00e0 se procurer, et ce qui ne r\u00e9pond pas \u00e0 un d\u00e9sir naturel, malais\u00e9 \u00e0 se procurer. En effet, des mets simples donnent un plaisir \u00e9gal \u00e0 celui d\u2019un r\u00e9gime somptueux si toute la douleur caus\u00e9e par le besoin est supprim\u00e9e, <strong>[131] <\/strong>et, d\u2019autre part, du pain d\u2019orge et de l\u2019eau procurent le plus vif plaisir \u00e0 celui qui les porte \u00e0 sa bouche apr\u00e8s en avoir senti la privation. L\u2019habitude d\u2019une nourriture simple et non celle d\u2019une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine sant\u00e9, pour laisser \u00e0 l\u2019homme toute libert\u00e9 de se consacrer aux devoirs n\u00e9cessaires de la vie, pour nous disposer \u00e0 mieux go\u00fbter les repas luxueux, lorsque nous les faisons apr\u00e8s des intervalles de vie frugale, enfin pour nous mettre en \u00e9tat de ne pas craindre la mauvaise fortune. Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs de l\u2019homme d\u00e9r\u00e9gl\u00e9, ni de ceux qui consistent dans les jouissances mat\u00e9rielles, ainsi que l\u2019\u00e9crivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, \u00e0 ne pas souffrir et, pour l\u2019\u00e2me, \u00e0 \u00eatre sans trouble. <strong>[132]<\/strong> Car ce n\u2019est pas une suite ininterrompue de jours pass\u00e9s \u00e0 boire et \u00e0 manger, ce n\u2019est pas la jouissance des jeunes gar\u00e7ons et des femmes, ce n\u2019est pas la saveur des poissons et des autres mets que porte une table somptueuse, ce n\u2019est pas tout cela qui engendre la vie heureuse; mais c\u2019est le raisonnement vigilant, capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu\u2019il faut choisir et de ce qu\u2019il faut \u00e9viter, et de rejeter les vaines opinions d\u2019o\u00f9 provient le plus grand trouble des \u00e2mes. Or le principe de tout cela et par cons\u00e9quent le plus grand des biens c\u2019est la prudence. Il faut donc la mettre au-dessus de la philosophie m\u00eame, puisqu\u2019elle est faite pour \u00eatre la source de toutes les vertus, en nous enseignant qu\u2019il n\u2019y a pas moyen de vivre agr\u00e9ablement si l\u2019on ne vit avec prudence, honn\u00eatet\u00e9 et justice, et qu\u2019il est impossible de vivre avec prudence, honn\u00eatet\u00e9 et justice si l\u2019on ne vit agr\u00e9ablement. Les vertus en effet, ne sont que des suites naturelles et n\u00e9cessaires de la vie agr\u00e9able et \u00e0 son tour la vie agr\u00e9able ne saurait se r\u00e9aliser en elle-m\u00eame et \u00e0 part des vertus. <strong>[133]<\/strong> Et maintenant y a-t-il quelqu\u2019un que tu mettes au-dessus du sage\u00a0? Il s\u2019est fait sur les dieux des opinions pieuses; il est constamment sans crainte en face de la mort; il a su comprendre quel est le but de la nature; il s\u2019est rendu compte que ce souverain bien est facile \u00e0 atteindre et \u00e0 r\u00e9aliser dans son int\u00e9grit\u00e9 qu\u2019en revanche le mal le plus extr\u00eame est \u00e9troitement limit\u00e9 quant \u00e0 la dur\u00e9e ou quant \u00e0 l\u2019intensit\u00e9; il se moque du destin dont certains font le ma\u00eetre absolu des choses [&lt;mais voit que certaines choses arrivent par n\u00e9cessit\u00e9,&gt; d\u2019autres par la fortune, d\u2019autres d\u00e9pendent de nous, parce qu\u2019il voit que la n\u00e9cessit\u00e9 n\u2019est pas responsable, que la fortune est instable et que ce qui d\u00e9pend de nous est sans ma\u00eetre, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent naturellement le bl\u00e2mable et son contraire]<a href=\"http:\/\/atelier.de.philo.free.fr\/Texte_Epicure_Menecee.htm#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>; <strong>[134]<\/strong> et certes mieux vaudrait s\u2019incliner devant toutes les opinions mythiques sur les dieux que de se faire les esclaves du destin des physiciens, car la mythologie nous promet que les dieux se laisseront fl\u00e9chir par les honneurs qui leur seront rendus, tandis que le destin, dans son cours n\u00e9cessaire, est inflexible; il n\u2019admet pas, avec la foule, que la fortune soit une divinit\u00e9 \u2014 car un dieu ne fait jamais d\u2019actes sans r\u00e8gles \u2014, ni qu\u2019elle soit une cause inefficace\u00a0: il ne croit pas, en effet, que la fortune distribue aux hommes le bien et le mal, suffisant ainsi \u00e0 faire leur bonheur et leur malheur, il croit seulement qu\u2019elle leur fournit l\u2019occasion et les \u00e9l\u00e9ments de grands biens et de grands maux \u2014 <strong>[135]<\/strong>enfin il pense qu\u2019il vaut mieux \u00e9chouer par mauvaise fortune, apr\u00e8s avoir bien raisonn\u00e9, que r\u00e9ussir par heureuse fortune, apr\u00e8s avoir mal raisonn\u00e9 \u2014 ce qui peut nous arriver de plus heureux dans nos actions \u00e9tant d\u2019obtenir le succ\u00e8s par le concours de la fortune lorsque nous avons agi en vertu de jugements sains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00e9dite donc tous ces enseignements et tous ceux qui s\u2019y rattachent; m\u00e9dite-les jour et nuit, \u00e0 part toi et aussi en commun avec ton semblable. Si tu le fais, jamais tu n\u2019\u00e9prouveras le moindre trouble en songe ou \u00e9veill\u00e9, et tu vivras comme un dieu parmi les hommes. Car un homme qui vit au milieu de biens imp\u00e9rissables ne ressemble en rien \u00e0 un \u00eatre mortel.<em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Traduction de Octave Hamelin<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Epicure Lettre \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e Traduction O. Hamelin &nbsp; [122] Quand on est jeune il ne faut pas remettre \u00e0 philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n\u2019est trop t\u00f4t ou trop tard pour travailler \u00e0 la sant\u00e9 de l\u2019\u00e2me. Or celui qui dit que l\u2019heure de philosopher n\u2019est pas encore arriv\u00e9e ou est pass\u00e9e pour lui, ressemble \u00e0 un homme qui dirait que l\u2019heure d\u2019\u00eatre heureux n\u2019est pas encore venue pour lui ou qu\u2019elle n\u2019est plus. 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