{"id":1036,"date":"2015-01-15T07:29:45","date_gmt":"2015-01-15T11:29:45","guid":{"rendered":"http:\/\/laphilo.com\/blog\/?p=1036"},"modified":"2015-01-16T07:31:01","modified_gmt":"2015-01-16T11:31:01","slug":"schopenhauer-pourquoi-le-bonheur-fonde-sur-le-desir-est-il-impossible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laphilo.com\/blog\/2015\/01\/15\/schopenhauer-pourquoi-le-bonheur-fonde-sur-le-desir-est-il-impossible\/","title":{"rendered":"Schopenhauer. Pourquoi le bonheur fond\u00e9 sur le d\u00e9sir est-il impossible ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Tout vouloir proc\u00e8de d&rsquo;un besoin, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une privation, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une souffrance. La satisfaction y met fin\u00a0; mais pour un d\u00e9sir qui est satisfait, dix au moins sont contrari\u00e9s\u00a0; de plus le d\u00e9sir est long et ses exigences tendent \u00e0 l&rsquo;infini\u00a0; la satisfaction est courte et elle est parcimonieusement mesur\u00e9e. Mais ce contentement supr\u00eame n&rsquo;est lui-m\u00eame qu&rsquo;apparent\u00a0; le d\u00e9sir satisfait fait place aussit\u00f4t \u00e0 un nouveau d\u00e9sir\u00a0; le premier est une d\u00e9ception reconnue, le second est une d\u00e9ception non encore reconnue. La satisfaction d&rsquo;aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inalt\u00e9rable. C&rsquo;est comme l&rsquo;aum\u00f4ne qu&rsquo;on jette \u00e0 un mendiant\u00a0: elle lui sauve aujourd&rsquo;hui la vie pour prolonger sa mis\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 demain.\u00a0 &#8211; Tant que notre conscience est remplie par notre volont\u00e9, tant que nous sommes asservis \u00e0 la pulsion du d\u00e9sir, aux esp\u00e9rances et aux craintes continuelles qu&rsquo;il fait na\u00eetre, tant que nous sommes sujets du vouloir, il n&rsquo;y a pour nous ni bonheur durable, ni repos. Poursuivre ou fuir, craindre le malheur ou chercher la jouissance, c&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 tout un\u00a0; l&rsquo;inqui\u00e9tude d&rsquo;une volont\u00e9 toujours exigeante, sous quelque forme qu&rsquo;elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience\u00a0; or sans repos le v\u00e9ritable bonheur est impossible. Ainsi le sujet du vouloir ressemble \u00e0 Ixion attach\u00e9 sur une roue qui ne cesse de tourner, aux Dana\u00efdes qui puisent toujours pour emplir leur tonneau, \u00e0 Tantale \u00e9ternellement alt\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Schopenhauer,\u00a0<em>Le monde comme volont\u00e9 et comme repr\u00e9sentation<\/em> (1818)<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">1.\u00a0<a href=\"http:\/\/laphilo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Etude-de-Texte-schopenhauer.pptx\">Travail pr\u00e9paratoire \u00e0 l&rsquo;etude du texte schopenhauer<\/a><\/p>\n<p>2.\u00a0<a href=\"http:\/\/laphilo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/explication-Schopenhauer.pdf\">Exemple d&rsquo;une explication du texte de Schopenhauer<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Tout vouloir proc\u00e8de d&rsquo;un besoin, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une privation, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une souffrance. La satisfaction y met fin\u00a0; mais pour un d\u00e9sir qui est satisfait, dix au moins sont contrari\u00e9s\u00a0; de plus le d\u00e9sir est long et ses exigences tendent \u00e0 l&rsquo;infini\u00a0; la satisfaction est courte et elle est parcimonieusement mesur\u00e9e. Mais ce contentement supr\u00eame n&rsquo;est lui-m\u00eame qu&rsquo;apparent\u00a0; le d\u00e9sir satisfait fait place aussit\u00f4t \u00e0 un nouveau d\u00e9sir\u00a0; le premier est une d\u00e9ception reconnue, le second est une d\u00e9ception non encore reconnue. La satisfaction d&rsquo;aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inalt\u00e9rable. 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