Courage à mes élèves philosophes

Kant« Sapere aude !

Aie le courage de te servir de ton propre entendement :

telle est donc la devise des Lumières. »

Kant, Qu’est-ce que les Lumières ?

 

 


Mes chers élèves, ayez ce courage et osez penser vraiment !

L’épreuve de philosophie vous en donne l’occasion.


 

Un objet technique peut-il être beau ?


Un objet technique peut-il être beau ? : 1… by projeteee

Cours interactif de philosophie diffusé en visioconférence le 21 janvier 2016 depuis le Canopé de l’académie de Lille dans le cadre du Programme Europe, Éducation, École : www.projet-eee.eu

 

Texte de Gilbert Simondon

« Les objets techniques ne sont pas directement beaux en eux-mêmes, à moins qu’on n’ait recherché un type de présentation répondant à des préoccupations directement esthétiques ; dans ce cas, il y a une véritable distance entre l’objet technique et l’objet esthétique ; tout se passe comme s’il existait en fait deux objets, l’objet esthétique enveloppant et masquant l’objet technique ; c’est ainsi que l’on voit un château d’eau, édifié près d’une ruine féodale, camouflé au moyen de créneaux rajoutés et peints d’une même couleur que la vieille pierre : l’objet technique est contenu dans cette tour menteuse, avec sa cuve en béton, ses pompes, ses tubulures : la supercherie est ridicule, et sentie comme telle au premier coup d’œil ; l’objet technique conserve sa technicité sous l’habit esthétique, d’où un conflit qui donne l’impression du grotesque. Généralement, tout travestissement d’objets techniques en objets esthétiques produit l’impression gênante d’un faux, et paraît un mensonge matérialisé. Mais il existe en certains cas une beauté propre des objets techniques. Cette beauté apparaît quand ces objets sont insérés dans un monde, soit géographique, soit humain : l’impression esthétique est alors relative à l’insertion; elle est comme un geste. La voilure d’un navire n’est pas belle lorsqu’elle est en panne, mais lorsque le vent la gonfle et incline la mâture tout entière, emportant le navire sur la mer ; c’est la voilure dans le vent et sur la mer qui est belle, comme la statue sur le promontoire. Le phare au bord du récif dominant la mer est beau, parce qu’il est inséré en un point clef du monde géographique et humain. »

Gilbert SIMONDON, Du mode d’existence des objets techniques, 1969, Aubier, pp. 184-186.

Dossier pédagogique : http://www.coin-philo.net//eee.15-16.docs/objet_technique_nadrigny_pauline.pdf


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Conseils pour la prise de note en cours

prise de noteParfois il faut d’abord écouter pour comprendre. Une fois que l’on a compris, on écrit dans le but de ne pas oublier. Parfois, c’est tout long que l’on prend des notes.

Il faut savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire, mais en même temps il faut savoir que ce qui peut paraître un détail peut s’avérer être important.

Le cours ne se réduit pas seulement à ce qui a été préparé par l’enseignant ni à ce qu’il dit. Le cours forme un tout et comprend les interventions et la participation des élèves. C’est pourquoi, il ne convient pas de négliger dans sa prise de notes ses propres questions, réflexions ou remarques, ainsi celles des autres.

A chaque cours on procédera de la manière suivante :

Toujours commencer par mettre la date et écrire le titre du cours. A chaque fois qu’une notion ou un auteur est mentionné, on prendra soin de le noter, avec si possible quelques brèves indications. Faire de même avec le vocabulaire utilisé. A savoir que celui-ci peut être technique, propre à la philosophie elle-même ou à d’autres disciplines ou bien être tout à fait usuel prenant un sens philosophique. On pourra également noter les notions dites repères utilisés. On pourra se constituer assez aisément un lexique.

Procéder ainsi permettra de faire aisément des synthèses utiles (fiche-notion, ou fiche-auteur) et un lexique de vocabulaire pour les révisions.

On pourra s’inspirer du tableau (fig.1).

prise de notes
Tableau à reproduire à chaque cours fig.1

 

 

Bac 2015 : Sujets de philosophie, séries technologiques, Polynésie

Sujet 1 : Les leçons de l’expérience suffisent-elles à nous rendre savants ?

Sujet 2 : L’art peut-il se passer de règles ?

Sujet 3 : Pour les actes accomplis par crainte de plus grands maux ou pour quelque noble motif (par exemple, si un tyran nous ordonne d’accomplir une action honteuse, alors qu’il tient en son pouvoir nos parents et nos enfants, et qu’en accomplissant cette action, nous assurerions leur salut, et en refusant de la faire, leur mort), pour de telles actions la question est débattue de savoir si elles sont volontaires ou involontaires. C’est là encore ce qui se produit dans le cas d’une cargaison que l’on jette par-dessus bord au cours d’une tempête : dans l’absolu, personne ne se débarrasse ainsi de son bien volontairement, mais quand il s’agit de son propre salut et de celui de ses compagnons, un homme de sens agit toujours ainsi. De telles actions sont donc mixtes, tout en ressemblant plutôt à des actions volontaires, car elles sont librement choisies au moment où on les accomplit, et la fin de l’action varie avec les circonstances de temps. On doit donc, pour qualifier une action de volontaire ou d’involontaire, se référer au moment où elle s’accomplit. ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, (vers 335 avant J.C.) Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager la thèse du texte et la manière dont elle est établie. 2. a) Expliquer : « dans l’absolu, personne ne se débarrasse ainsi de son bien volontairement » b) Expliquer : « de telles actions sont donc mixtes, tout en ressemblant plutôt à des actions volontaires » 3. Les circonstances font-elles toujours obstacle à notre liberté ?